Tiamat. Cadavre exquis.


 
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 Dans le ventre du mille-pattes

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Avrel Veloy
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MessageSujet: Dans le ventre du mille-pattes   Mer 1 Oct - 0:59

Il y avait le ciel, comme toujours, mais cette fois il était noir, parce que la nuit était officiellement tombée, et parsemé des quelques étoiles qui arrivaient à faire la guerre aux néons et aux phares de voitures, il brillait, un peu, car exempt de nuages. Seulement d'ici, on n'y voyait rien. On ne voyait pas, non plus, s'éveiller les masses, émergeant des tristes buildings comme autant de fourmis hors d'une fourmilière inondée de l'intérieur, mais avec des perruques. Des têtes colorées, sombres, des visages aux yeux soulignés de rouge, de bleu, de mauve, de noir, des tissus de toutes les textures, du luisant au feutré, des chaînes, des pics, des gants, des bottes, tout. Ce soir était un grand soir, car début de deux jours attendus à venir : la fin de la semaine. C'était bon, d'y arriver, car alors, même les plus sages osaient, et sortaient, se mêlaient à la foule, et faisaient l'âme de Lunalesca, l'obnubilée Lunalesca.

Dans un chandail au bleu aussi électrique que ses yeux Avrel avait trouvé refuge, sa large ceinture retombant lourdement sur ses hanches couvertes d'un pantalon noir, ennuyeux, à l'image du Skull qui lui plus que tout désirait se fondre à cette masse ambulante, anonyme, l'ombre d'un visage parmi les masques. Dos courbées, la tête bien enfoncée dans la capuche de son haut, les mains dans les poches, il s'était engouffré sous terre, emporté par le courant, et bien vite avalé par l'énorme mille-pattes qui leur servait de métro. Tous les sièges occupés, il s'appuya l'épaule contre un poteau métallique et, de son index droit, appuya sur un bouton qui fit voyager la musique de la petite boîte cachée dans sa poche à de gros écouteurs, pour finalement venir durement heurter ses tympans.

On entra, on sortit, et lui demeura planté au beau milieu de cette valse éclectique en attendant que son siège se libère. Un groupe de Skulls fit irruption dans le métro, comme des tonnes avant eux, mais ceux-là plus que les autres attirèrent l'attention d'Avrel. Leur tête basse, leurs yeux exorbités et, ces regards de paranoïaques qui venaient avec éveillèrent en le jeune mâle d'attrayants souvenirs. Diantrah. Ils étaient tombés dans ses bras, tous les trois, et cela établi, Avrel les rejoignit sans tarder dans leur coin de wagon, tapotant du bout du doigt l'épaule de l'un d'eux. Échange de regards. Dans ceux des Skulls une surdose de méfiance, dans celui d'Avrel, rien du tout, il les constata en silence, un après l'autre, et fouilla dans sa poche après avoir retiré ses écouteurs. Surplus de méfiance de la part des Skulls, les regards qu'ils s'échangèrent furent chargés de questions. Qu'est-ce qu'on fait! On dégage!?! Oui mais où!? Où!?? Et après ce sommet d'absurde paranoïa, en découvrant la poignée de tiam's dans la petite main ouverte sous leurs yeux globuleux, de narquois sourires chassèrent toute traces de doute, temporairement.

-Combien?
Haussement d'épaules.
-C'qu'y faut pour une fois.

Contre sa poignée de tiam's Avrel obtint un petit sachet contenant une mince quantité de poudre blanche tapie au fond. La fourrant dans sa poche, il repartit, glissant ses écouteurs sur ses oreilles de nouveau, replaçant convenablement son capuchon, et retrouvant appui sur le poteau.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, plus de la moitié des sièges étaient libres, dont le sien. Installé près d'un mur, le dernier d'une rangée de quatre, face à une fenêtre, le siège se vit vite fait occupé par le jeune mâle qui, dès qu'il fut assis, ressortit le petit sac, ainsi qu'une petite sarbacane métallique d'une autre poche et, le sachet ouvert, il y plongea une extrémité du mince tuyau, rapprocha une narine de l'autre, se pencha, et aspira vivement, d'une fois, la totalité du contenu.
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Un soubresaut, les néons clignotèrent, et les paupières alourdies se soulevèrent pour dévoiler une réalité d'abord floue. Plus personne. ................................................................. Dans la fenêtre qui lui faisait face, Avrel crut y reconnaître quelqu'un. Des cernes maquillaient sa peau blanchâtre, il ne souriait pas. Avachi, ses genoux écartés pendaient lâchement sur les côtés, comme ses bras, couchés à sa droite, à sa gauche. La bouche entrouverte, il dardait sur lui un regard lointain. Avrel. Les portes s'ouvrirent, ses doigts se relâchèrent, et le métal de la sarbacane vint tinter contre la surface dure, rouler contre le sol, heurter des pieds.
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Abiel Matri
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MessageSujet: Re: Dans le ventre du mille-pattes   Dim 5 Oct - 13:16

Le soleil…C’était la première fois qu’il voyait VRAIMENT le soleil. Celui-ci était en train de disparaître derrière la ligne de l’horizon, et se découpait devant lui les formes d’une ville à contre-jour.

Cela faisait maintenant deux mois que le jeune homme attendait cette sortie, il avait obtenu une semaine de répit dans ses études et en avait profité pour programmer ce petit voyage en solitaire : il allait enfin voir des skulls ! Eructant de joie, il s’était plongé dans le Sang et avait nagé jusqu’à la sortie de la grotte. Il était en pleine forme, il avait suivi une cure intensive de bains ces dernières semaines l’avait remis sur pieds et il tiendrait sûrement un bon mois avant de devoir retourner dans ce liquide poisseux aux bienfaits nutritifs. Avec une moue peu engageante, il se souvint ce qui s’était passé pour son père lorsqu’il avait cessé de se ‘nourrir’, vers la fin, la peau se détachait presque de ses muscles. Ce n’était vraiment pas beau à voir. En réprimant un frissonnement, le garçon secoua gracieusement son visage comme si ce simple geste allait l’aider à ce sortir de la tête ces mauvaises pensées.
Il fini par atteindre le train, ayant choisi pour destination Lunalesca, la capitale, la plus grande ville de Tiamat. Quoi de mieux pour obtenir un échantillon de toutes les civilisations de cette planète.

Lorsqu’il arriva a destination, la nuit régnait dans la rue. Il leva les yeux mais n’aperçut que quelques rares étoiles que les lumières de la ville n’avaient pas fait disparaître. Il se plaça alors contre un lampadaire pour pouvoir examiner le plan qu’il avait imprimé à Këelass. Après de maintes efforts pour se repérer, il fini par prendre par sa droite.
L’orientation…Quelque chose qu’Abiel avait rarement expérimenté. Dans sa ville natale, les seuls déplacements qu’il effectuait étaient ceux de son appartement aux magasins et jusqu’à sa fac. Or, il suffisait de suivre la grande voie principale pour atteindre tous les centres importants de la ville.
Mais Lunesca était une sorte de labyrinthe géant sans logique visible…Il se perdit donc rapidement. Surtout que, lorsqu’il avait aperçut un groupe de skulls, il s’était arrêté d’un air fasciné. Il avaient l’apparence de jeunes d’une vingtaine d’années, et portaient des vêtements noirs ou bleu électrique, leur tête androgyne étant surmontée de crêtes de diverses couleurs, ou d’autres coupes extravagantes. Lorsqu’il s’était enfin arraché à la contemplation d’un de ces étranges êtres dont les yeux avaient été préalablement entourés d’une large couche de noir et dont la coiffure tenait en l’air grâce à un mystérieux système (s’appelant je vide un pot de gel chaque matin) inconnu de notre Erÿn, celui-ci se rendit compte qu’il ne savait plus par qu’elle rue il était arrivé.

Soupirant il marcha dans l’espoir de trouver quelque chose ressemblant à un hôtel, mais il était sûrement dans le quartier le plus paumé de la ville. Mais, optimiste comme toujours, il se remémora le fameux dicton ‘tous les chemins mènent à Lunalesca !’ Il finirait bien par retomber sur la rue principale. Cependant, il ne semblait pas savoir qu’il se trouvait dans les quartiers peu recommandables de la ville. Dans son ignorance, il se dirigea droit vers la bouche de métro : quoi de mieux ? Voilà son ticket de sortie !
Lorsqu’il s’engouffra dans la station, après être passé par une borne à tickets défoncée, il eu peu de se perdre à nouveau dans ce nouveau dédale de couloirs et décida donc d’emprunter le premier wagon qui arriverait.
Celui-ci s’arrêta devant lui avec un grand bruit métallique et de petites étincelles au niveau des roues, accompagné d’une forte odeur de brûlé. Les portes grincèrent et s’ouvrirent sur un wagon presque entièrement vide où il s’empressa d’entrer.

L’Erÿn se retrouva alors nez à nez avec un skull à l’apparence adolescente, mais quel âge avait-il réellement ? On ne savait jamais avec cette espèce… Son visage excessivement blanc commença à s’animer et les yeux d’un bleu étonnant, soulignés de profonds cernes, se tournèrent vers lui. Il n’avait pas l’air d’être au mieux de sa forme. Abiel s’en approcha et s’accroupi devant lui. Beaucoup plus grand que le skull, le génie de l’informatique arrivait à hauteur des yeux du garçon assis pourtant plus haut que lui. Abiel baissa alors les yeux sur un petit objet métallique, qu’est-ce que c’était ? Un objet creux…Il le tendis au jeune ‘homme’ aux yeux éteints. Ceux d’Abiel brillaient d’excitation : son premier contact avec l’autre peuple ! Il lui offrit un immense sourire.


- "Vous avez perdu ça…"
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Avrel Veloy
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MessageSujet: Re: Dans le ventre du mille-pattes   Mar 7 Oct - 19:41

Sourire était inconçevable. Diantrah abandonnait peu à peu Avrel et l'ivresse s'envolait, celle d'être à tel point engourdi par un doux sommeil aux rêves et cauchemars on ne peut plus réels. La réalité, la vraie, reprenait ses droits sur son jeune Skull et lui ouvrait de force les yeux sur un monde qui perdait toute sa belle instabilité. Du flou, l'on passa trop vite à la parfaite netteté. Les détails prenaient une ampleur caricaturale, Avrel avait oublié à quel point les choses étaient bien dessinées. Et de la silhouette violette ondulante de sa Diantrah, évadée par la porte de métro qui s'était ouverte, une autre prit forme, plus haute et moins féminine. La Diantrah d'Avrel avait tout d'un Skull femelle particulièrement assumé. Du rêve éveillé l'on glissait vers le vrai, et rien de plus. Cependant, du vrai l'on alla pas nécessairement vers le banal, puisque cette silhouette s'approcha de lui, et lui, Avrel, de nouveau prisonnier de la gravité, se trouva étrangement intrigué par l'individu.
Un mâle, mais pas comme lui. Ce mâle-là avait une énergie qu'il ne possédait pas, et qui se sentait au fur et à mesure qu'il se trouva plus près de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il ressentait cela. Jadis, s'étant trouvé dans une foule de Skulls, le même sentiment l'avait pris, ainsi que les autres Skulls autour de lui et ce, au passage d'une femelle. D'un mâle près de lui il avait appris qu'il s'agissait d'une Erÿn, race qu'il n'avait jamais eu la chance, ou malchance, par la suite, de côtoyer de près.
Désormais certain qu'il s'agissait de l'un d'eux, Avrel se redressa sur son siège, péniblement, usant de toutes les maigres forces que lui avait laissé la fin de l'étourdissante étreinte de la diantrah. Il devait être un touriste, s'offrant le luxe de se hisser à la pleine lumière du jour pour se payer une petite visite dans la faune, la vraie, celle composée de Skulls et de néons, de mille-pattes géants et de petits vers insignifiants comme Avrel. Ce dernier soupira en se massant le front, les coudes appuyés sur ses cuisses, une main soutenant sa lourde tête et l'autre pendant entre ses jambes. Arriverait-il seulement à tenir sur ces deux impotentes béquilles? Du masque qu'était devenue sa main il laissa paraître deux yeux aux iris trop bleus, à la fatigue trop claire, et les posa sur ce que tenait l'Erÿn. D'un geste las, sa main tantôt sans vie vint se plaquer contre celle de l'inconnu dans le but de reprendre son bien, la sarbacane, que le Skull fourra dans sa poche avant de se remettre à s'étirer la peau du visage comme quelqu'un qui vit un pénible éveil.

-Merci. Marmonna-t-il finalement en abaissant sa main, la rangeant comme l'autre dans une poche de son pantalon.

Et puis, comme tiré par un fil ancré dans son coeur, Avrel fut littéralement hissé sur ses deux cannes de jambes, sans que ses mains ne quittent tout de suite leur tanière, ni que son capuchon, quoique reculé sur le crâne, ne découvre complètement les cheveux de l'apparent jeune mâle. Lentement, il retira ses écouteurs, fit cesser la musique, et fit face à l'autre, bizarrement heureux d'être où il était, c'était clair rien qu'à voir son large sourire. Mais savait-il seulement où il se trouvait véritablement? Avrel en doutait. Il en savait que peu sur les Erÿns et gardait pour lui l'intérêt qu'il avait pour leur milieu de vie. Aussi ne se montrait-il qu'aussi peu sympathique qu'il savait si bien l'être, même à l'égard de l'étranger devant lui, issu de ce monde qu'il aspirait à découvrir un jour. Cependant, le regard tantôt morne du Skull s'anima vaguement, non pas de sympathie, mais plutôt d'intelligence, si on veut, ou mieux encore, de conscience. Avrel était là, lui qui, il n'y avait pas longtemps, s'était absenté.
Il était plus grand que lui. Il avait plus de style que lui. On l'aimerait, par ici, d'autant plus que sa race, rien qu'à elle, lui assurait un certain intérêt. Mais Avrel l'avait trouvé en premier, enfin, le contraire mais, qu'importe, il l'avait devant lui, il pourrait bien en tirer quelque chose, non?

-Merci. J'sais, j'te l'ai d'jà dit mais, merci. J'l'aurais oubliée, sinon... T'es pas du coin, toi, j'me trompe? T'es touriste? Qu'est-ce tu vas faire, tout seul à Lunalesca? Y t'faut un guide ou alors tu te feras détruire au prochain coin de rue, sûr. Les jolis Erÿns comme toi ici, on les bouffe. Moi j'suis guide. C'est dingue, le hasard et tout ça... Tu me files tes bottes et je t'offre mes services.

Pas une once de sourire de sa part, il s'exprimait dans le mensonge, comme dans la plaisanterie et comme dans la vérité avec la même aisance, la même promptitude et le même sérieux, à croire qu'il croyait chacun des mots qui lui sortaient de la bouche, ou alors qu'il ne s'entendait pas parler. De toute façon, l'opinion d'autrui, il n'en avait que faire, et ne faisait que servir son propre intérêt. Seulement, l'Erÿn représentait une bonne possibilité de divertissement, même temporaire, alors bref, Avrel était ouvert au marchandage mais, malgré la différence de grandeur, il ne se laissait pas impressionner, fixant sur son interlocuteur un solide regard.
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